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Oxygen 6 : faut-il quitter Oxygen Classic ? Le point d'un utilisateur de la première heure

Oxygen 6 : faut-il quitter Oxygen Classic ? Le point d'un utilisateur de la première heure

Je construis des sites avec Oxygen Builder depuis 2020. Je l’ai découvert pendant le confinement, cette période creuse où, faute de chantiers, j’avais enfin le temps de tester des outils pour de vrai. J’ai comparé Oxygen à Zion Builder et à Astra, et j’ai gardé Oxygen : il me paraissait tout simplement mieux bâti. Cinq ans plus tard, il vient d’être entièrement réécrit — et cette réécriture, Oxygen 6, casse la compatibilité avec tout ce que j’ai construit jusqu’ici. Voici mon point de vue de praticien sur ce que ça change, et sur la vraie question : faut-il quitter Oxygen Classic ?

Pourquoi j’ai choisi Oxygen, et ce qu’il m’a apporté

Mes premiers chantiers Oxygen ont été une révélation, surtout en comparaison de Divi. Le PageSpeed tranchait net : là où un site Divi 4 traînait son poids, Oxygen livrait des pages légères, avec un DOM bien plus compact. Un outil comme le Website Carbon Calculator — ou l’EcoIndex — rendait la différence visible autrement : les sites que je livrais en Oxygen décrochaient des notes A ou B, là où l’essentiel du web reste bien en dessous, parce qu’un code plus léger, c’est aussi moins d’énergie à chaque visite. Pour l’anecdote, c’est en passant plus tard à Astro que j’ai atteint le A+ sur mon propre site — mais Oxygen m’avait déjà installé durablement dans le haut du classement, ce qu’aucun site Divi de l’époque ne me permettait.

La raison de fond, c’est qu’Oxygen n’est pas un thème greffé sur WordPress : il remplace le thème et vous donne un accès direct au code et aux styles. Pas de couches d’abstraction empilées, pas de CSS correctif pour rattraper le CSS du thème. On travaille au plus près de la structure : sections, containers, div, et l’ajout ou le maintien de code exactement là où il faut. C’est un builder pensé pour la logique d’un développeur — plus exigeant pour un débutant, mais d’une précision que peu d’outils offrent.

En cinq ans, je n’ai presque jamais été bloqué. Deux exceptions, que j’ai d’ailleurs documentées : un bug d’affichage sur un Dynamic Slider, et un « failed to load template » qui n’était qu’un pépin d’interface passager. Pour tout le reste, Oxygen m’a fait gagner un temps considérable — surtout combiné à ACF pour les champs personnalisés, aux CPT pour structurer le contenu, et à un générateur comme WP Zinc pour produire des gabarits dynamiques. Cette combinaison, c’est ce qui transforme Oxygen d’un simple constructeur visuel en véritable atelier de développement WordPress.

Un aveu honnête au passage : j’avais publié à l’époque des pages sur l’éco-conception de sites internet, en m’appuyant sur cette légèreté. Ça n’a jamais vraiment attiré de public — un excellent argument technique n’est pas forcément ce qui fait décrocher le téléphone. J’y reviens en détail dans mon article sur Astro et l’éco-conception, où le même site est passé de 0,45 à 0,01 g de CO2 par page. Mais pour moi, cette légèreté reste la preuve qu’un site bien construit est un site sobre.

Oxygen 6 : une réécriture complète, pas une mise à jour

Le 27 février 2026 — au lendemain, à un jour près, de la sortie de Divi 5, elle aussi une réécriture complète — l’équipe de Soflyy a sorti Oxygen 6. Et ce n’est pas une version de plus : c’est une reconstruction depuis zéro. Ils ont assumé publiquement que leur ancienne base de code, en Angular, était devenue difficile à maintenir et freinait l’innovation — chaque nouvelle fonctionnalité demandait des contournements de plus en plus complexes. Plutôt que de continuer à empiler sur des fondations fatiguées, ils ont tout réécrit.

La nouvelle architecture n’est pas construite sur React, contrairement à ce qu’on lit parfois. Oxygen 6 repose sur un cœur Twig / PHP / JavaScript, partagé à environ 80 % avec Breakdance — l’autre builder de la même équipe. Concrètement, Oxygen 6 et Breakdance sont désormais deux visages d’un même moteur. C’est un choix technique cohérent : mutualiser une base solide plutôt que maintenir deux codebases séparées.

Côté fonctionnalités, le saut est réel : contrôle direct du CSS, système de styles par classes, données dynamiques WordPress intégrées, composants réutilisables, interactions et animations natives, variables CSS pour bâtir un vrai système de design, un Element Studio pour créer ses propres éléments, une bibliothèque de designs, des loop builders pour les archives et les répertoires. Beaucoup de gens qui ont testé l’éditeur — moi compris — ont été surpris de le trouver aussi différent et aussi logique. L’interface évoque désormais quelque chose comme Webflow, là où Classic avait sa logique propre, plus austère.

Le point qui change tout : pas de migration depuis Classic

Voici ce qu’il faut absolument comprendre avant toute décision. Oxygen 6 n’est pas une évolution d’Oxygen Classic. C’est un produit nouveau, avec une nouvelle structure de données, et il n’existe aucune migration directe d’un site Classic vers Oxygen 6.

Soflyy a fait un choix radical : rompre la compatibilité pour ne pas s’encombrer de l’héritage. En contrepartie, ils s’y sont engagés clairement — Oxygen Classic continue d’être maintenu séparément. Vos sites Classic ne sont pas menacés, ils ne cessent pas de fonctionner, ils ne réclament aucune action urgente. Vous vous retrouvez simplement avec deux produits distincts qui coexistent.

Pour quelqu’un comme moi, qui a des sites Classic en production, cette rupture aurait pu être une mauvaise nouvelle. Elle l’est moins qu’il n’y paraît, et c’est important de le dire sans dramatiser : puisque Classic reste maintenu, il n’y a pas de couperet. Un site Classic qui tourne bien peut continuer sa vie. La question n’est donc pas « dois-je fuir Classic avant qu’il ne meure ? » — il ne meurt pas — mais « pour mes prochains projets, sur quoi je démarre ? ».

Alors, faut-il passer à Oxygen 6 ?

Ma réponse, après cinq ans sur Classic, tient en une distinction simple.

Pour un site neuf : Oxygen 6, sans hésiter. C’est un outil repensé, plus moderne, plus logique, taillé pour les architectures dynamiques — répertoires, archives, contenus structurés en CPT, systèmes de design réutilisables. Repartir sur Classic pour un nouveau projet aujourd’hui n’aurait pas de sens : on démarrerait sur la génération sortante. Comme pour tout produit fraîchement réécrit, il faut s’attendre à quelques mois d’itérations rapides et de documentation qui se complète — la branche 6.1 a déjà apporté la multi-sélection, les polices variables et le support de PHP 8.4, la 6.2 est en cours d’optimisation. Mais la trajectoire est claire.

Pour un site Classic existant qui fonctionne : rien ne presse. Il n’y a pas de migration automatique, Classic est maintenu, et refaire un site qui tourne bien juste pour changer de version serait une dépense sans bénéfice pour le client. La reconstruction en Oxygen 6 se justifie quand il y a déjà une raison — une refonte prévue, des besoins que Classic peine à couvrir, une dette technique à solder. Sinon, on laisse vivre.

C’est exactement la logique que j’applique sur les autres sujets de performance : on ne change pas un outil pour la beauté du geste, on le change quand le problème réel le justifie. Un builder plus moderne ne résout pas un problème qu’on n’a pas.

Ce qu’un builder, même excellent, ne fait pas

Je termine par ma mise en garde habituelle, parce qu’elle vaut pour Oxygen 6 comme pour n’importe quel outil. La légèreté d’Oxygen est réelle — c’est même sa plus grande qualité, celle qui m’a convaincu en 2020. Mais un builder sobre ne compense pas un hébergement sous-dimensionné, une base de données lente, ou un plugin lourd qui tourne en arrière-plan. Le code que produit Oxygen sera propre ; s’il est servi par un mutualisé qui plafonne, le visiteur attendra quand même.

Le bon réflexe reste le même quel que soit le builder : diagnostiquer d’abord ça coince, avant de décider quoi changer. Oxygen 6 est un très bel outil pour bâtir léger. Encore faut-il que le reste de la chaîne suive.

Si vous avez un site sous Oxygen — Classic ou 6 — à faire évoluer, à reprendre ou à optimiser, c’est un terrain que je pratique depuis les débuts de l’outil, en tant que développeur WordPress freelance. On regarde ensemble ce dont votre projet a réellement besoin.